Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je…
Citation
Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi. »
L’histoire de cette citation
Le passage vient du chapitre « De l’amitié » des Essais. Montaigne y parle de l’ami de sa vie, Étienne de La Boétie, rencontré à Bordeaux vers 1558 et mort en 1563, à trente-deux ans. Il distingue les amitiés ordinaires, simples « accointances », de cette amitié rare où deux âmes « se mêlent et confondent l’une en l’autre ».
Quand il cherche à expliquer pourquoi il l’aimait, il renonce aux raisons : il parle d’une « force inexplicable et fatale » et raconte qu’ils se cherchaient avant même de s’être vus. La phrase célèbre est un ajout que Montaigne a écrit à la main dans les marges de son propre exemplaire des Essais ; la seconde moitié, « parce que c’était moi », y a été ajoutée à son tour.
Les Essais paraissent pour la première fois en 1580. Cette phrase est devenue la plus belle définition de l’amitié en français : un lien qui ne s’explique pas, parce qu’il tient à deux personnes uniques.
La source
Essais, livre I, chapitre 28, « De l’amitié », 1580
Texte vérifié mot à mot dans l’œuvre elle-même.
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Auteur
Michel de Montaigne
Michel de Montaigne a inventé le genre de l’essai. Ses Essais (1580–1588), écrits « à sauts et à gambades », mêlent réflexion morale, lectures antiques et observation de soi ; le chapitre « De l’amitié » évoque son ami Étienne de La Boétie.
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