Ne jamais se hâter ni se passionner.
Citation
Ne jamais se hâter ni se passionner.
Texte original
Nunca apresurarse ni apasionarse.
L’histoire de cette citation
La phrase appartient à la maxime 55 de L’Homme de cour (Oráculo manual y arte de prudencia), intitulée « L’homme qui sait attendre ». Savoir attendre, dit Gracián, « dénote un grand cœur, avec de larges réserves de souffrance », c’est-à-dire de patience, au sens ancien du mot. Suivent plusieurs sentences qui complètent l’idée : que l’on soit d’abord maître de soi, et l’on sera ensuite maître des autres ; « le prudent délai assaisonne les succès et mûrit les secrets » ; « Dieu lui-même ne châtie pas avec le bâton, mais en temps opportun ». Gracián cite en outre un « grand mot » : « Le Temps et moi, contre deux autres ». Deux maximes plus tôt, il avait recommandé de « courir lentement », la vieille devise qui commande de se hâter avec lenteur.
L’Oráculo manual parut à Huesca en 1647 sous le nom de Lorenzo Gracián, frère du jésuite. La patience calculée est l’un de ses thèmes constants : l’homme prudent ne se précipite pas et ne se laisse pas emporter par la passion, car le temps travaille pour qui sait attendre.
Aujourd’hui, la phrase se répète comme une règle de maîtrise de soi ; chez Gracián, c’est avant tout une stratégie.
La source
L’Homme de cour (Oráculo manual), maxime 55, « L’homme qui sait attendre », 1647
Texte original vérifié mot à mot dans l’œuvre ; la traduction est de quotesay.
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Auteur
Baltasar Gracián
Baltasar Gracián est l’un des grands moralistes du Siècle d’or espagnol. Son Oracle manuel et art de prudence (1647), recueil de trois cents aphorismes, a été admiré par Schopenhauer et Nietzsche.
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