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Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle…

Citation

Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice.

Montesquieu, Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, chapitre XIV, 1734 Citation vérifiée
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L’histoire de cette citation

La phrase se trouve dans les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, au chapitre XIV, sur Tibère. Montesquieu y montre comment l’empereur s’empare de la loi de majesté et l’applique « à tout ce qui put servir sa haine ou ses défiances » : non seulement les actions, mais « des paroles, des signes et des pensées même ». « L’amitié fut regardée comme un écueil, la vertu comme une affectation. » D’où cette sentence, prolongée d’une image : c’est noyer des malheureux « sur la planche même sur laquelle ils s’étaient sauvés ».

Montesquieu publie ce livre en 1734, sans nom d’auteur ; il y prépare, quatorze ans avant L’Esprit des lois, sa réflexion sur la liberté politique. Il s’appuie sur Tacite, historien de la terreur sous Tibère.

La phrase vise une tyrannie plus dangereuse que la force brute : celle qui se donne les formes du droit. On la cite dès qu’un pouvoir détourne les tribunaux pour frapper ses adversaires, et elle n’a rien perdu de son actualité.

La source

Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, chapitre XIV, 1734

Texte vérifié mot à mot dans l’œuvre elle-même.

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Auteur

Montesquieu

Magistrat bordelais, Charles-Louis de Secondat, baron de Montesquieu, se fit connaître par les Lettres persanes (1721), satire de la France vue par deux voyageurs d’Orient. Après de longs voyages en Europe, il publia les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains (1734), puis…

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