Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent pour…
Citation
Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent pour partir.
L’histoire de cette citation
Le vers appartient à la première partie du « Voyage », le poème qui ferme Les Fleurs du mal depuis l’édition de 1861. Baudelaire commence par l’enfant « amoureux de cartes et d’estampes », pour qui le monde est grand « à la clarté des lampes ». Puis il passe en revue ceux qui partent : les uns fuient « une patrie infâme », d’autres leur berceau, quelques-uns une femme. Les vrais voyageurs, eux, n’ont pas de raison : « cœurs légers, semblables aux ballons », ils ne s’écartent jamais de leur fatalité « et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons ! »
Baudelaire écrit « Le Voyage » en 1859 et le dédie à Maxime Du Camp, chantre du progrès, non sans ironie : le poème conclut que l’on trouve partout « le spectacle ennuyeux de l’immortel péché » et n’attend plus rien que de la mort.
Baudelaire lui-même n’avait fait qu’un voyage, à vingt ans, interrompu à l’île Maurice. Le vers a pourtant fait fortune chez les voyageurs : on cite « partir pour partir » pour dire le goût du départ sans but, en oubliant l’amertume que Baudelaire y mettait.
La source
Les Fleurs du mal, « Le Voyage », 1861
Texte vérifié mot à mot dans l’œuvre elle-même.
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Auteur
Charles Baudelaire
Charles Baudelaire, auteur des Fleurs du mal (1857), est l’un des poètes majeurs du XIXe siècle. Critique d’art et traducteur d’Edgar Poe, il a défini dans ses écrits sur les Salons une esthétique de la modernité.
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