La Nature est un temple où de vivants piliers laissent…
Citation
La Nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles.
L’histoire de cette citation
Ce sont les deux premiers vers de « Correspondances », quatrième poème des Fleurs du mal dans l’édition de 1857, au début de « Spleen et Idéal ». Le sonnet continue : « L’homme y passe à travers des forêts de symboles qui l’observent avec des regards familiers. » Puis, « comme de longs échos qui de loin se confondent », dans une unité « vaste comme la nuit et comme la clarté », « les parfums, les couleurs et les sons se répondent ».
Le poème pose une double idée : le monde visible est un temple dont les choses sont les signes d’une réalité cachée, et les sensations se traduisent les unes dans les autres. Baudelaire rattachait cette pensée au mystique suédois Swedenborg et au poète, seul capable de déchiffrer ces « confuses paroles ».
Les Fleurs du mal paraissent en juin 1857 et valent à leur auteur un procès pour outrage à la morale publique ; six poèmes sont condamnés, « Correspondances » n’en fait pas partie. Le sonnet est devenu le texte fondateur du symbolisme, et « forêts de symboles » est passé dans la langue.
La source
Les Fleurs du mal, « Correspondances », premiers vers, 1857
Texte vérifié mot à mot dans l’œuvre elle-même.
Autres citations de Charles Baudelaire
Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent pour partir.
Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question.
Auteur
Charles Baudelaire
Charles Baudelaire, auteur des Fleurs du mal (1857), est l’un des poètes majeurs du XIXe siècle. Critique d’art et traducteur d’Edgar Poe, il a défini dans ses écrits sur les Salons une esthétique de la modernité.
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